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Émile Saint-Ober

Émile Saint-Ober

Interprétation·6 octobre 1882·26 septembre 196279 ans·La Madeleine, Nord, France

Après des débuts au café-concert, Émile Saint-Ober entra au Conservatoire d'où il sortit avec un prix qui ne le conduisit pas à la Comédie Française mais dans une salle de quartier, le Théâtre de Grenelle, où il excella dans le mélodrame (Roger la Honte). De là il passa au Déjazet pour Le Papa du régiment, puis au Palais-Royal où il joua aussi bien La Cagnotte que Le Chasseur de chez Maxim et dans de nombreuses salles des boulevards ou de Montmartre (la Cigale) pour des vaudevilles ou des revues. Dans le même temps, Saint-Ober était devenu peu à peu un familier des studios de cinéma: dès 1907 à Vincennes, le clown Little Tich qui tournait chez Pathé remarqua ce farfadet dont le nom lui était encore inconnu; il fit en sorte de l'avoir pour partenaire (détail évoqué dans Mon Ciné le 17 mai 1928, à la mort de Little Tich). Des années passèrent, où le théâtre demeurait l'activité principale d'Émile Saint-Ober. En 1911 il interpréta pour la SCAGL un film de Denola, L'Homme au grand manteau, et l'année suivante il commença de participer aux Bout-de-Zan que Louis Feuillade avait entrepris de réaliser avec le petit René Poyen. On le retrouva en 1916 auprès de Musidora dans un autre film de Feuillade: Si vous ne m'aimez pas. Cing ans s'écoulèrent sans qu'on signalât la présence de Saint-Ober dans un film, mais en 1921 les rôles se multiplièrent. Spécialiste des bureaucrates furtifs dont il aimait à composer la dégaine avec une minutie qu'il appliquait aux moindres accessoires, lorgnons et parapluies, Émile Saint-Ober n'avait pas un personnage important à défendre, mais il marquait de sa griffe tous les rôles réputés secondaires, comme le fera plus tard un Pierre Larquey dans le cinéma parlant. On le découvrit en aveugle tragique dans El Dorado, en Durochat dans L'Affaire du courrier de Lyon (« On voit enfin Saint-Ober », soulignait Louis Delluc dans Bonsoir le 20 mars 1923), en pion dégingandé dans Les Grands. Une fois, dans Voulez-vous faire du cinéma? il eut le rôle principal et s'imposa par sa malice. On savait qu'il possédait dans son appartement tout un vestiaire déniché aux Puces et correspondant aux rôles les plus divers qui pouvaient lui être confiés sans préavis, du clochard à l'académicien, mais Saint Ober disait préférer à toute improvisation le lent travail qui conduit à la naissance d'un personnage échappé de la réalité. Il n'eut pas toujours le loisir de se livrer à de telles démonstrations. Il tournait film sur film et entre deux contrats, cultivait ses roses à Boissy-Saint-Léger. Le passage du muet au parlant s'effectua pour lui sans heurt visible et Émile Saint-Ober continua de rester lui- même à travers d'innombrables compositions, qu'il apparût en notaire, en balayeur ou en garçon d'étage, le temps de deux ou trois répliques. C'est dans un film signé Henri Decoin, Le Bienfaiteur, en 1942, qu'il dessina sa dernière silhouette.

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Filmographie · 42
1942Le Bienfaiteur1940Moulin Rouge1939Circonstances atténuantes1939Place de la Concorde1938Le Dompteur1938Ça... c'est du sport1936Jacques et Jacotte1936L'Appel du silence1936Haut comme trois pommes1935Debout là-dedans !1935Les suites d'un premier lit1934Les Filles de la concierge1934Feu Toupinel1933Bach millionnaire1933Tout pour rien1933Âme de clown1933La Femme invisible1933Le Béguin de la garnison1933L'enfant de ma soeur1932Ce cochon de Morin1932Le Bidon d'or1932Papa sans le savoir1932Un coup de téléphone1932L'affaire Blaireau1932Un bouquet de flirts1932Les galeries Lévy et Cie1931Attaque nocturne1931L'Amour à l'américaine1931Je serai seule après minuit1931En bordée1929La Meilleure Maîtresse1929La Dame de bronze et le monsieur de cristal1928Une Femme a Passé1927La Petite Fonctionnaire1927La grande amie1925La Clé de voûte1925Le diable dans la ville1924La Goutte de sang1924Mandrin1923Monsieur Lebidois propriétaire1921Le coffret de jade1921El Dorado
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